Nouveau Départ
Septième film de l’américain Cameron Crowe (Jerry Maguire, Presque Célèbre, Vanilla Sky…), Nouveau Départ (We Bought a Zoo en version originale) raconte l’histoire inspirée de faits réels de Benjamin Mee, jeune veuf décidant de recommencer sa vie en achetant une nouvelle propriété qui s’avère être… un zoo à l’abandon. Il décide alors de le remettre à neuf.
Je n’irais pas par quatre chemins : Nouveau Départ est un film grotesque. S’il ne présente pas la moindre prétention de révolutionner la comédie romantique, ça n’est pas pour autant qu’il faut utiliser tous les codes et les clichés du genre à outrance. La famille mono-parentale dysfonctionnelle avec le jeune ado perturbé et renfermé sur lui même, les romances niaises entre à la fois le fiston et une jeune fille (Elle Fanning) et le père (Matt Damon) et une employée du zoo (Scarlett Johansson)… Il ne nous faudra que très peu de temps pour nous ennuyer tellement le schéma narratif ne cherche pas à contourner tous les évènements prévisibles de l’histoire. Crowe étale son film sur plus de deux heures (!) pour raconter au final très peu et quand il se retrouve à court d’idées, le réalisateur décide de montrer des animaux mignons tous plein pour essayer de nous faire passer la pilule mais rien n’y fait, le film est poussif à l’extrême. Et ça ne sont pas les acteurs qui viendront relever le niveau. Les deux têtes d’affiches, présentes en tant que purs et simples acteurs bankables, ne font aucun réel effort pour essayer de pousser le film vers le haut. Tous sont cantonnés à des personnages superficiels, inintéressants et ridicules.
La seule lueur d’audace que l’on pourrait trouver dans le film se trouve au niveau de sa bande originale, signée par Jonsi du groupe Sigur Ros. Un choix encourageant mais l’oeuvre est ponctuée par une bande son copiant assez vulgairement celle de Little Miss Sunshine (le talent en moins) avec l’impression d’entendre au maximum deux thèmes musicaux différents en boucle, ce qui rend la musique très vite insupportable, redondante.
À force de produire des films de romance à foison sans innover, Hollywood se met souvent les pieds dans le tapis. Nouveau Départ ne fait pas exception à la règle. Niais et cliché, le film ennuie aussitôt qu’il commence tellement toute originalité est écartée. Une fois l’emballage du zoo retiré (idée partant tout de même d’une bonne volonté), il ne reste plus que les grands axes des films du genres navrants comme les américains savent si bien les faire. On reste donc de marbre face à un film tire-larmes qui ne nous fera ressentir que de l’indifférence.

